Oberkampf, créateur des toiles de Jouy et grand patron du XVIIIe siècle
Résumé de la communication du 3 mai 2012
de Madame Françoise DUCHASTELLE, membre associé libre.
Oberkampf, créateur des toiles de Jouy et grand patron du XVIIIe s.
Le grand public ignore qui est Oberkampf, pourtant ce dernier appartient au monde du travail de la 2e moitié du XVIIIe s. Il descend d’une lignée de maîtres teinturiers depuis au moins trois générations et vit en territoire allemand jusqu’au moment où il quitte la Suisse d’abord pour Paris puis pour Jouy. C’est à Jouy qu’il installe son atelier à une heure de Versailles et devient le plus jeune des à devenir entrepreneur.
Travailleur acharné, il recherche « la perfection de sa fabrication » et Jouy devient le centre précurseur de la « grande industrie » tandis que le nombre des ouvriers progresse fortement. Il aborde la période troublée de la Révolution mais il ne se laisse pas abattre, il va tenter une autre aventure, celle de Chantemerle, et deviendra « le patriarche de Jouy ». En septembre 1815 Jouy est occupé par les prussiens et Oberkampf, pris par une crise de goutter et par la fièvre, s’éteint littéralement dans sa chambre, le 4 octobre 1815.
Sécularisation et modernité : quel statut pour la religion ?
Résumé de la communication du 3 mai 2012
Père Yves LEDURE, membre titulaire
Sécularisation et modernité : Quel statut pour la religion ?
La sécularisation trouve ses origines dans la revendication de liberté que la Réforme, au moment de la Renaissance, finit par imposer au plan religieux. Elle dessine alors la forme de gouvernance adaptée à une société pluriconfessionnelle dans la mesure où elle revendique l’autonomie du politique par rapport au religieux. En ce sens, la sécularisation est une exigence culturelle. Elle se distingue de la laïcité à la française puisqu’elle postule une autonomie réciproque du politique et du religieux et non une séparation entre ces deux domaines. A l’évidence la sécularisation fragilise la croyance car elle brise la matrice sociale du religieux dont le seul support est maintenant la conviction et l’engagement du croyant. Ce qui, en définitive, confère une affirmation plus personnelle à l’acte de foi. Cette détermination du croyant crée une certaine distance entre le fidèle et l’institution religieuse dont il se réclame. Si la sécularisation semble bien être la forme de gouvernance adaptée à la modernité, elle n’est pas suffisante comme telle. Elle appelle un nouvel humanisme qui intègre, de mon point de vue, le paradigme de la spiritualité, principe d’harmonie et d’équilibre d’une société multiethnique et pluriconfessionnelle.
Le Passionnaire de Philippe de Gueldre
Résumé de la communication du 5 avril 2012
de Mme Marie-Antoinette KUHN, membre titulaire
Le Passionnaire de Philippe de Gueldre,
épouse de René II, duc de Lorraine
Un Passionnaire est un ouvrage qui rapporte les quatre évangiles de la Passion du Christ. Celui qui nous intéresse aujourd’hui appartenait à Philippe de Gueldre, duchesse de Lorraine et seconde épouse de René II, le vainqueur de Charles le téméraire.
Lorsqu’en 1519 Philippe de Gueldre décide d’entrer chez les Clarisses de Pont-à-Mousson elle offre le Passionnaire à leur communauté. Une note autographe apposée sur le plat intérieur de la reliure d’origine précise ce don. Cet ouvrage est aujourd’hui propriété privée.
La couverture, ou plat et contreplat du manuscrit, est en basane, gaufrée, décorée de motifs en relief réalisés avec un fer chaud. On peut reconnaître des motifs floraux ainsi que le monogramme du Christ.
C’est un manuscrit sur vélin. L’écriture est gothique dite littera textualis formata ou lettres de textes en forme. Le texte écrit sur deux colonnes est en latin pour les quatre Evangiles.
L’ouvrage compte 36 pages et 4 enluminures en pleine page. Chaque enluminure introduit un évangile. Le titre est en rouge et la première lettre est une lettrine bleue. On peut constater que le Passionnaire a été beaucoup lu et manipulé : des traces de doigt sont visibles.
Le Passionnaire a été exposé en 1997 : Beauté et pauvreté. L’art chez les Clarisses de France.
Une rubrique lui a été consacrée dans le catalogue : Ecriture et enluminure en Lorraine au Moyen Age, Nancy 1984.
Dans les années 1980, Mme Nicole Raynaud, historienne de la peinture et de l’Enluminure française du XV° siècle, proposait le nom de Hugues de la Faye comme illustrateur du Passionnaire. Ce peintre actif à la cour du duc Antoine entre 1514 et 1539 avait réalisé les dessins préparatoires des peintures pour la Galerie des Cerfs du Palais ducal de Nancy. Selon Mme Raynaud, ce peintre serait aussi l’illustrateur du Songe du Pastourel de Jean le Prieur, chronique relatant la victoire de René II sur Charles le Téméraire à la Bataille de Nancy.
Du fait du mauvais état des dessins conservés à Saint-Petersbourg, les parallèles entre les trois œuvres paraissent aléatoires. Après quelques comparaisons concernant les illustrations du Passionnaire et du Songe du Pastourel, il semble difficile d’attribuer au même peintre, soit à Hugues de la Faye,les peintures de ces deux œuvres.
Si le nom de l’artiste des quatre enluminures du Passionnaire ne peut être affirmé, quelques particularismes peuvent toutefois lui être attribués après examen des illustrations. Il en est ainsi d’une position très particulière de la jambe, du creusement circulaire des plis,des références à une Lorraine investie par la soldatesque, et de la juste interprétation de l’armement de l’époque, de l’émotion qu’il inscrit sur les visages.
Toutefois, plusieurs questions restent posées après l’analyse des enluminures du Passionnaire. Il paraît peu prudent, compte tenu du vide qui existe encore autour de Hugues de la Faye, de trancher quant à l’attribution de cette œuvre à ce peintre. Une quasi certitude quant à la réalisation du Passionnaire dont le commanditaire était peut-être Antoine, fils de Philippe de Gueldre, cardinal évêque de Metz, relève de l’intervention de plusieurs mains ; en somme, il s’agit d’un travail d’atelier, dont Hugues de la Faye était peut-être le maître.
Aucune autre hypothèse n’ayant pu être vérifiée, le nom de Hugues de la Faye peintre à la cour de Lorraine, réalisateur des quatre enluminures sera conservé.
L'érosion des sols, problème majeur pour l'avenir de l'humanité
Résumé de la communication du 5 avril 2012
de M. Christian PAUTROT, membre titulaire
L'érosion des sols, un danger pour l'avenir de l'humanité
La crue de la Seille à Metz
Parmi les préoccupations environnementales du moment, les médias évoquent les changements climatiques liés à l’augmentation des taux atmosphériques de gaz à effet de serre, la pollution, la déforestation, la perte de biodiversité et accessoirement l’érosion des sols.
Les différents processus d’érosion des sols sont étudiés ainsi que les conséquences directes et indirectes de cette érosion sur l’environnement. Quelques possibilités de prévention connues depuis des temps immémoriaux sont évoquées. Leur oubli depuis près d’un siècle a conduit à une situation dramatique et souvent irréversible.
Pourtant, avec une augmentation quasi-exponentielle de la population mondiale, la perte de surfaces cultivables apparaît comme étant de loin le problème le plus fondamental pour l’avenir de l’humanité. L’accès aux ressources en eau est déjà à l’origine de multiples conflits notamment au Moyen-Orient, la lutte pour l’accès à la nourriture pourrait bien devenir source de déplacements de population et de luttes d’une toute autre ampleur.
La Lorraine, quel avenir ?
Samedi 31 mars 2012
Colloque
"La Lorraine, quel avenir ?"
organisé dans le grand Salon de l'Hôtel de ville de Metz
par l'Académie Nationale de Metz et l'Académie de Stanislas
Monsieur Pierre LABRUDE,
président de l'Académie de Stanislas...
... et Monsieur Christian JOUFFROY,
président de l'Académie Nationale de Metz
ont ouvert le Colloque
"Images et représentations de la Lorraine"
Le professeur François Roth,
membre des deux Académies.
"Sillon lorrain et région Lorraine"
une table ronde animée par Jean-Pierre Jager
avec (de gauche à droite) MM. André Jannot, Jean-Yves Le Déhaut,
André Rossinot et Dominique Gros
Une partie de l'assistance
"Région Lorraine et Grande Région" :
Claude Villeroy de Galhau, membre de l'Académie de Metz,
anime une table ronde en présence de Monsieur Jean-Pierre Masseret,
Président du Conseil Régional de Lorraine.

"Comment créer la richesse en Lorraine aujourd'hui ?"
un débat animé par Monsieur François Guillaume, ancien ministre
L'art de la traduction de la trahison à l'herméneutique
Communication de Monsieur Jean-Joël GRIESBECK, membre correspondant (1er mars 2012)
Pour aborder cette question aussi complexe que riche qui se situe à la confluence d'approches critiques multiples aussi bien que de nombreuses tentatives normatives, cette brève étude s'appuie à titre principal sur la théorie et la pratique de la traduction des textes sacrés au regard de celles mises en place pour la translation des textes profanes au XVIe siècle dans les domaines allemand et français, non sans s'autoriser l'une ou l'autre escapade vers saint Jérôme aussi bien que vers les spécialistes les plus récents en la matière.
En allant parfois à l'encontre d'affirmations quelque peu à l'emporte-pièce souvent répétées sans avoir fait l'objet d'un examen préalable suffisamment approfondi et précis, l'étude s'efforce de montrer combien en réalité, même dans le domaine français - et non pas seulement dans le domaine de la création de l'allemand moderne, comme on le dit à l'envi -, les tentatives pour transformer la langue simplement vernaculaire en une langue véritablement vivante autant que littéraire et pour définir des normes précises du code oral comme du code écrit sont solidaires de théories comme de pratiques traductologiques novatrices et audacieuses.
De l’esprit d’entreprendre, des Mosellans dans le canton de Raon-l’Etape
Communication de Madame Line SKORKA, membre titulaure (1er mars 2012)
Etival-Clairefontaine est mieux connue aujourd’hui par les papeteries de Clairefontaine que par son abbaye. Mais se souvient-on que celles-ci furent créées par un Mosellan, Jean-Baptiste Bichelberger ? A sa suite, deux autres Mosellans, Louis Geisler et Camille Metenett, fondèrent deux autres papeteries sur la Meurthe en aval, celles des Châtelles et de La Neuveville. Ces trois établissements de production de papiers ont été un moteur de l’industrialisation du canton de Raon-l’Etape dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
Ces industriels avaient été précédés par d’autres Mosellans ou Sarrois que le flottage du bois avaient attirés dans la région de Raon-l’Etape. Ces précurseurs, qui se rattachaient à la tradition d’utilisation de l’énergie hydraulique, méritaient d’être rappelés avant d’évoquer les fondateurs des trois papeteries, leur esprit d’entreprendre avec des innovations technologiques et des stratégies, destinées à assurer la pérennité à leurs usines.
La jeunesse du maréchal Ney
Samedi 10 mars 2012
Grand Salon de l'Hôtel de Ville de Metz
à partir de 9 heures
en partenariat avec l'Académie Napoléon
- 9 h : accueil à l'Hôtel de Ville
- 9h 30 : Il y a 200 ans, le maréchal Ney, héros de la campagne de Russie (Ronald ZINS, président de l'Académie Napoléon)
- 9h 45 : Le Sarrelouis du jeune Michel Ney (Jean DAVID, membre de l'Académie Nationale de Metz)
- 10h 15 : Sarrelouis, pépinière de grands soldats de la Révolution et de l'Empire (Pierre BRASME, membre de l'Académie Nationale de Metz)
- 11h : L'univers familial de Michel Ney (Thierry CHOFFAT, maître de conférences en Sciences politiques, Université de Lorraine)
- 11h 30 : Ney, hussard du roi (Ronald ZINS)
- 12 h : Repas libre
- 14h 30 : Le jeune Michel Ney, un rouquin braillard, chef de bande infatigable (Jacques MAHIEU, vice-président des Vosges napoléoniennes)
- 15 h : Forces et faiblesses d'une stratégie patrimoniale (Sébastien EVRARD, maître de conférences en histoire du droit et des institutions, Université de Lorraine)
- 15h 45 : Le souvenir de Ney à Sarrelouis depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours (Michaël SANDER, membre de l'Académie Nationale de Metz)
- 16h 15 : La statue du maréchal Ney sur l'Esplanade de Metz (Christian JOUFFROY, président de l'Académie Nationale de Metz).
Le maréchal Ney à la bataille d'Elchingen
(14 octobre 1805)
Dimanche 11 mars : Sur les traces du maréchal Ney à Sarrelouis (journée exclusivement réservée aux membres des deux Académies)
- 9h 30 : dépôt d'une gerbe à la statue du maréchal Ney à Metz.
- 10 h : Départ en voitures particulières pour Sarrelouis.
- 11 h : Découverte de la statue du maréchal Ney à Sarrelouis.
- 11h 30 : Réception au château de Vaudrevange (Wallerfangen) par M. et Mme Claude Villeroy de Galhau.
- 12h 30 : Déjeuner à l'auberge du Maréchal Ney, installée dans sa maison natale, 13 Bierstrasse (30 à 40 € à régler sur place).
- 15 h : Visite guidée (guide francophone) du musée de Sarrelouis avec la salle Wallerfangen, consacrée à lap ériode française de la ville et au maréchal Ney.
Inscriptions avant le 27 février auprès de Madame RAMBOURG (03 87 75 29 73 ou academiemetz@numericable.com)
Conférence du gouverneur militaire de Metz le 9 février
Dans le cadre des "Conférences hors les murs" de l'Académie
Conférence du général de corps d'armée Pascal PÉRAN,
gouverneur militaire de Metz,
membre d'honneur de l'Académie nationale de Metz
Place et rôle du gouverneur militaire de Metz
dans la cité, évolution de ses attributions,
ses missions aujourd'hui et demain
Jeudi 9 février 2012 à 18 heures
dans les grands salons de l'Hôtel de Ville de Metz
M. Dominique Gros, maire de Metz, le général Pascal Péran, gouverneur militaire de Metz
et M. Christian Jouffroy, président de l'Académie nationale de Metz
La prise en compte du risque pour la vie humaine dans les décisions publiques
Résumé de la communication du 2 février 2012
de M. Jacques SICHERMANN, membre correspondant
La prise en compte de la valeur de la vie humaine
dans les décisions publiques :
le cas des infrastructures de transport
Il peut paraître choquant d'attribuer une valeur à la vie humaine pour l'utiliser dans l'élaboration de décisions publiques. La vie d'un être humain n'est-elle pas infinie par nature ? Lui attribuer un montant monétaire au même titre que des objets qui s'échangent sur un marché n'est-il pas moralement inacceptable ? Et n'est-ce pas à de telles extrémités que nous entraîne la tendance à fonder sur des analyses purement économiques des décisions publiques qui devraient être le résultat de délibérations de responsables légitimés par les institutions démocratiques ?
La communication montre pourtant comment les collectivités publiques, sans toujours s'en rendre compte, font en réalité systématiquement des choix qui reviennent implicitement à attribuer une telle valeur à la vie humaine, et comment les individus font de même en choisissant des activités ou des comportements plus ou moins risqués
La communication expose comment il est possible d'améliorer, y compris au regard du respect de la vie humaine, les décisions publiques en explicitant clairement la valeur qui lui est attribuée, et comment cela se manifeste, en France, dans les décisions qui portent sur les grandes infrastructures de transport.
Elle examine aussi les difficultés que ces méthodes soulèvent, en théorie comme en pratique







































