Résumé de la communication du 3 mai 2012

Père Yves LEDURE, membre titulaire

Sécularisation et modernité :

Quel statut pour la religion ?

 

La sécularisation trouve ses origines dans la revendication de liberté que la Réforme, au moment de la Renaissance, finit par imposer au plan religieux. Elle dessine alors la forme de gouvernance adaptée à une société pluriconfessionnelle dans la mesure où elle revendique l’autonomie du politique par rapport au religieux. En ce sens, la sécularisation est une exigence culturelle. Elle se distingue de la laïcité à la française puisqu’elle postule une autonomie réciproque du politique et du religieux et non une séparation entre ces deux domaines. A l’évidence la sécularisation fragilise la croyance car elle brise la matrice sociale du religieux dont le seul support est maintenant la conviction et l’engagement du croyant. Ce qui, en définitive, confère une affirmation plus personnelle à l’acte de foi. Cette détermination du croyant crée une certaine distance entre le fidèle et l’institution religieuse dont il se réclame. Si la sécularisation semble bien être la forme de gouvernance adaptée à la modernité, elle n’est pas suffisante comme telle. Elle appelle un nouvel humanisme qui intègre, de mon point de vue, le paradigme de la spiritualité, principe d’harmonie et d’équilibre d’une société multiethnique et pluriconfessionnelle.