Résumé de la communication

du 5 janvier 2012

de Monsieur Gérard GIULIATO
membre correspondant


Le comté de Vaudémont :
une principauté en Lorraine médiévale (Xe-XVe s.)
Bilan et perspective d'une recherche


Vaudémont

La période Xe-XVe s. se caractérisa par le triomphe des principautés, nouvelle forme d’organisation des pouvoirs. Si les grandes principautés comme l’évêché de Metz, le duché de Lorraine ou celui de Bar sont assez bien étudiées, il n’en va pas de même pour les petits comtés ou les seigneuries châtelaines. Afin de corriger ce déséquilibre, nous avons choisi de nous pencher sur une entité de taille intermédiaire, le comté de Vaudémont créé en 1070 au détriment du duché de Lorraine, au cœur de celui-ci. Dans un premier temps, la recherche porta sur le réseau défensif qui structura le territoire autour de huit châtellenies dont Vézelise, Pont-Saint-Vincent et Châtel-sur-Moselle. Les résultats qui croisent les sources écrites et les sources archéologiques furent publiés en 2008 dans l’ouvrage « Châteaux et villes fortes du comté de Vaudémont ». Ce travail fut l’occasion de rencontrer des documents rares et peu connus qui conduisirent à élaborer un second programme conduit par une équipe pluridisciplinaire. Il consiste à se pencher sur les lieux, les chartes et les objets laissés par ces princes et tenter de montrer comment ils expriment les mentalités du pouvoir seigneurial dont ils sont les images et les symboles. On envisagera en premier lieu le site de Sion-Vaudémont puis le village de défrichement de Damas-aux-Bois.  Les chartes comtales antérieures à 1243 offrent une seconde source qu’il convenait d’éditer pour comprendre la politique religieuse, l’administration du domaine et  la justice. A travers l’étude des sceaux, des armoiries et des monnaies, se précise l’identification ostentatoire du lignage et ses ambitions politiques.

La piété des comtes se révèle à travers les vestiges de l’église de Sion dont ils favorisèrent le pèlerinage mais aussi dans ceux de la collégiale de Vaudémont fondée en 1326. De cet établissement détruit au XVIIIe s., subsistent de remarquables fragments de retables et les tombeaux d’Henri III († 1347) et d’Antoine († 1458) aujourd’hui déposés au Musée Lorrain.

L’enquête mériterait d’être étendue à d’autres familles seigneuriales à titre comparatif. Elle permettrait de replacer la Lorraine dans une réflexion menée en Europe sur les origines médiévales de l’Etat et cela dans une région d’Empire très longtemps attachée aux pouvoirs locaux et très réticente au pouvoir centralisé.