Résumé de la communication

du 5 mai 2011

de Madame Désirée MAYER, membre associé-libre


Sémiotique hébraïque

et lecture biblique

 

Eblouis par la notoriété, le statut exceptionnel et la richesse polysémique de la Bible, nous sommes aveuglés quant à la nature de son impact sur nos contemporains. En effet, les transformations de nos sociétés modernes remettent en question la compréhension des modes d’organisations sociales, de la vie elle-même et du rapport au sens.

L’approche sémiotique, qui privilégie les modalités narratives du texte et place le lecteur au centre des interrogations qui s’y formulent, constitue une voie –parmi d’autres- pour renouer le lien avec une œuvre qui a fait la grandeur de notre humanité. L’hébraïsme, qui sera ici privilégié, n’a pas que les qualités mythiques, si fécondes pour l’imaginaire, d’une prétendue : « langue originelle » ; c’est également un moyen, très concret, d’exposer le fonctionnement d’un « logos », dans le sens de langue et de rationalité, qui laisse la place au principe d’incertitude, à la diversité, donc à l’altérité.

Par-delà l’absurde, l’insignifiance, l’informe et l’uniforme, il s’agit de renouer avec  la fécondité de ce que le grand critique canadien  Northrop Fraye appelait : « Le Grand Code » et aussi « La Parole souveraine », afin de redonner à la modernité l’accès aux sources vives de la littérature, de la vie et de la pensée. 

Choisi pour sa complexité, son caractère fondateur, infiniment mystérieux et terriblement tragique, le chapitre 4 du Livre de la Genèse, illustrera brièvement la méthode adoptée.