Résumé de la communication du 3 mars 2011

par M. André Schontz, membre titulaire


Le Transsaharien


 

Dès le VIIe siècle, des caravanes traversent le Sahara, emportant des produits manufacturés dans un sens et dans l'autre, de l'or, de l'ivoire, de l'ébène et… des esclaves. Malgré la suppression de l'esclavage vers l'Algérie, ce commerce est si fructueux vers d'autres rives de la Méditerranée que les Touaregs appréhendent fortement un chemin de fer traversant le Sahara, projet initié par la France dès la fin de la conquête de l'Algérie. Une première mission d'exploration, partie en 1880, échoue. La deuxième se termine par un massacre. Dès 1887, un projet se dessine, avec un train de très grand confort.

Ce n'est qu'en 1898 que l'expédition Foureau-Lamy, fortement armée, traverse le Sahara, ne rencontrant que deux vaines attaques lancées par les Touaregs et met ainsi fin à leur domination sur le Sahara central. Sur le terrain, les constructions ferroviaires avancent et la ligne Constantine– Biskra – Touggourt est terminée en 1915, alors que d'autres moyens de transport annoncent de nouvelles possibilités de traverser cette étendue désertique (avions et autos).

Le gouvernement de Vichy reprend le dossier et le 22 mars 1941, le maréchal Pétain signe la loi autorisant l'exécution d'un chemin de fer à voie normale reliant la Méditerranée au Niger. Le 8 décembre 1941, est inaugurée la ligne de Colomb-Béchar. Les travaux se poursuivent après la Libération, mais sans enthousiasme. L'indépendance de l'Algérie en 1962 met un terme aux projets ; pourtant, en 1965, les gouvernements algérien et français pensent prolonger une ligne jusqu'au Mali puis Bamako, soit 2 800 km, à construire en cinq ans. Mais, le transsaharien n'est pas complètement perdu dans les sables. Le plan directeur de l'Union africaine des chemins de fer envisage, depuis 1978, une liaison transsaharienne de Marrakech (au Maroc) à Goudiry au Sénégal.