Résumé de la communication du 1er octobre

par M. Jean LAZARE, membre titulaire

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Claude-François Lallemand est né à Metz dans une famille de vitriers et d’artisans du pays messin. Après son bac obtenu au lycée de Metz, l’élève moyen mais sportif et régulier, doué en dessin, décide de se faire admettre à 16 ans à l’hôpital-amphithéâtre militaire de Metz, véritable école de médecine gratuite. Passionné par l’anatomie et les dissections, il devient un habile aide-chirurgien envoyé en Espagne au sein de l’armée de Murat. Libéré de l’armée, il arrive à Paris en 1811 et obtient  le poste d'assistant-dessinateur puis aide-chirurgien du grand Guillaume Dupuytren qui sera plus tard bien connu par la maladie de la main qui porte son nom. Devenu externe, puis interne, enfin docteur en médecine en 1818, il postule et obtient le poste de professeur à la faculté de médecine de Montpellier dont il sera le doyen de 1832 à 1837. Ses publications en anatomie et physiologie dont « Maladies de l’encéphale et de ses dépendance », « Rétrécissement de l’urètre et pertes séminales involontaires ».  connaissent un succès international. Médecin chef de l’hôpital Saint-Eloi, mais voulant imposer des réformes pour améliorer l’hygiène, il se fait renvoyer de ses postes universitaires et hospitaliers pour quelques années, moment qu’il met à profit pour se faire mieux connaître parmi les plus grands à Paris et entre à l’Institut.

Lallemand

De plus, humaniste, animé par l’Esprit des Lumières, il côtoie les cercles Saint-Simoniens et Pierre Leroux. Il exprime ses idées philosophiques et politiques dans un livre : Le Hachych paru en 1843 et à nouveau en 1848. Il y prédit la France et l’Europe de cent ans plus tard. Il participe aux combats politiques pour la création de la République qui agitent des messins comme les Bouchotte, les Charpentier, les Maréchal… Il entraîne dans son sillage Félix Maréchal son jeune ami et son élève médecin, qui deviendra conseiller général et Maire de Metz de 1854 à 1871. Amené à soigner Ibrahim Pacha le fils de Mehemet Ali, vice-roi d’Egypte, il fit le renom et la réputation de la station thermale de Vernet les Bains dans laquelle il fit venir son célèbre malade.

           C’est avec juste raison que la municipalité de Raymond Mondon a donné son nom à une rue de Metz, dans le quartier de Queuleu, à ce grand savant, médecin doublé d’un philosophe. La plaque de la rue mentionne : « Rue du docteur Lallemand, membre de l’Institut, pionnier de l’étude des maladies cérébrales né à Metz le 26 janvier 1790 ». On aurait du ajouter : mort à Marseille en 1854 après une vie utile et bien remplie, membre correspondant de l’Académie Nationale de Metz.

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